Est-ce un péché de se venger ?
oui
L'interdiction est écrite en toutes lettres : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur » (Romains 12:19). La loi disait déjà « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune » (Lévitique 19:18). Te protéger d'une attaque relève d'une autre question, traitée sur est-ce un péché de se défendre.
la vengeance apparaît dans 86 versets de la Louis Segond (78 dans l'Ancien Testament, 8 dans le Nouveau), répartis sur 26 livres, de Genèse 4:15 à Apocalypse 19:2.
Le scan compte « vengeance », « venger » et leurs formes, y compris « vengeur ».
« À moi la vengeance » : Paul cite la loi pour dire à qui revient la sanction
Paul répond en citant un texte de la loi : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur » (Romains 12:19). La phrase citée vient de Deutéronome 32:35, où Dieu se réserve la rétribution.
La consigne qui suit est concrète : « si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire » (Romains 12:20). Le paragraphe se termine par « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien » (Romains 12:21).
Le mot est presque toujours dans l'Ancien Testament
Sur les 86 versets où la vengeance apparaît, 78 sont dans l'Ancien Testament et 8 dans le Nouveau. Le mot y désigne le plus souvent une action de Dieu, comme dans « Dieu des vengeances, Éternel ! Dieu des vengeances, parais ! » (Psaume 94:1) ou dans la dernière occurrence du corpus, où « il a vengé le sang de ses serviteurs » (Apocalypse 19:2).
Un seul passage confie une vengeance à un homme, et c'est au magistrat : « ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal » (Romains 13:4). La sanction est donc du côté de la justice, jamais du tien.
Rétablir la vérité, ce n'est pas rendre le coup
Un collègue te double sur une promotion en mentant sur ton travail. Rétablir les faits devant ton responsable relève de la vérité, et rien n'interdit de le faire. Monter un dossier pour lui coûter sa place tombe sous Proverbes 24:29 : « Ne dis pas : Je lui ferai comme il m'a fait, Je rendrai à chacun selon ses œuvres. »
La loi ancienne faisait déjà ce partage. « œil pour œil, dent pour dent » (Exode 21:24) était une limite posée aux juges pour empêcher la surenchère, jamais un droit personnel. Jésus la rappelle avant de dire aux siens de ne pas répliquer : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent » (Matthieu 5:38), puis « Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant » (Matthieu 5:39).
Porter plainte, attendre, être en colère
Porter plainte, est-ce se venger ?
Non. Romains 13:4 place le magistrat du côté de Dieu pour punir le mal. Déposer une plainte confie l'affaire à quelqu'un d'autre que toi, ce que Romains 12:19 demande précisément.
Et si la personne s'en sort sans rien payer ?
Le texte ne promet pas que tu verras la sanction. Il dit à qui elle revient : « À moi la vengeance et la rétribution, Quand leur pied chancellera ! » (Deutéronome 32:35). Proverbes 20:22 ajoute la consigne du jour même : « Ne dis pas : Je rendrai le mal. Espère en l'Éternel, et il te délivrera. »
Ai-je le droit d'être en colère ?
Oui, et Romains 12:19 le suppose puisqu'il demande de laisser agir la colère de Dieu. Ce que le texte coupe, c'est le passage à l'acte : « Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure » (1 Pierre 3:9).
Si quelqu'un t'a fait du tort et que tu ne sais pas quoi faire de ce que tu ressens, raconte-le au chatbot : il te donnera les passages qui parlent de ta situation, références à l'appui.