Actes, les 28 chapitres

Actes 27

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Actes 27 en résumé

Le voyage vers l'Italie est raconté en marin, avec les escales, les vents contraires et les décisions de navigation. Le centenier Julius traite Paul avec égards dès Sidon (Actes 27:3). À Beaux Ports, en Crète, la saison est trop avancée ; Paul déconseille de repartir, mais « le centenier écouta le pilote et le patron du navire plutôt que les paroles de Paul » (Actes 27:11), et l'avis de la majorité l'emporte.

Un léger vent du sud donne l'illusion d'avoir raison, puis l'Euraquilon se déchaîne (Actes 27:13-14). Suivent les manœuvres de survie dans l'ordre : maîtriser la chaloupe, ceindre le navire, abaisser les voiles, jeter la cargaison le lendemain, puis les agrès de leurs propres mains (Actes 27:17-19). « Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours » (Actes 27:20).

Paul intervient deux fois. D'abord pour rappeler qu'il avait prévenu, puis pour annoncer qu'aucune vie ne sera perdue, sur la foi d'une parole reçue la nuit même (Actes 27:23-24). Ensuite pour empêcher les matelots de fuir avec la chaloupe, ce qui aurait laissé le navire sans équipage (Actes 27:31).

Avant le jour, il fait manger tout le monde après quatorze jours de jeûne, prend du pain, rend grâces et mange le premier (Actes 27:35). Le narrateur donne alors le nombre exact de personnes à bord, deux cent soixante-seize (Actes 27:37).

L'échouage se fait sur une langue de terre, la proue immobile et la poupe brisée par les vagues (Actes 27:41). Les soldats veulent tuer les prisonniers pour éviter une évasion ; le centenier s'y oppose « parce qu'il voulait sauver Paul » (Actes 27:43). Tous parviennent à terre.

Un naufrage raconté manœuvre par manœuvre. Deux cent soixante-seize personnes à bord, aucune perte, et un centenier qui empêche l'exécution des prisonniers.

1Lorsqu’il fut décidé que nous nous embarquerions pour l’Italie, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centenier de la cohorte Auguste, nommé Julius.

2Nous montâmes sur un navire d’Adramytte, qui devait côtoyer l’Asie, et nous partîmes, ayant avec nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique.

3Le jour suivant, nous abordâmes à Sidon ; et Julius, qui traitait Paul avec bienveillance, lui permit d’aller chez ses amis et de recevoir leurs soins.

4Partis de là, nous longeâmes l’île de Chypre, parce que les vents étaient contraires.

5Après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myra en Lycie.

6Et là, le centenier, ayant trouvé un navire d’Alexandrie qui allait en Italie, nous y fit monter.

7Pendant plusieurs jours nous naviguâmes lentement, et ce ne fut pas sans difficulté que nous atteignîmes la hauteur de Cnide, où le vent ne nous permit pas d’aborder. Nous passâmes au-dessous de l’île de Crète, du côté de Salmone.

8Nous la côtoyâmes avec peine, et nous arrivâmes à un lieu nommé Beaux Ports, près duquel était la ville de Lasée.

9Un temps assez long s’était écoulé, et la navigation devenait dangereuse , car l’époque même du jeûne était déjà passée.

10C’est pourquoi Paul avertit les autres, en disant : Ô hommes, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beaucoup de dommage, non seulement pour la cargaison et pour le navire, mais encore pour nos personnes.

11Le centenier écouta le pilote et le patron du navire plutôt que les paroles de Paul.

12Et comme le port n’était pas bon pour hiverner, la plupart furent d’avis de le quitter pour tâcher d’atteindre Phénix, port de Crète qui regarde le sud-ouest et le nord-ouest, afin d’y passer l’hiver.

13Un léger vent du sud vint à souffler, et, se croyant maîtres de leur dessein, ils levèrent l’ancre et côtoyèrent de près l’île de Crète.

14Mais bientôt un vent impétueux, qu’on appelle Euraquilon, se déchaîna sur l’île.

15Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes aller à la dérive.

16Nous passâmes au-dessous d’une petite île nommée Clauda, et nous eûmes de la peine à nous rendre maîtres de la chaloupe ;

17après l’avoir hissée, on se servit des moyens de secours pour ceindre le navire, et, dans la crainte de tomber sur la Syrte, on abaissa les voiles. C’est ainsi qu’on se laissa emporter par le vent.

18Comme nous étions violemment battus par la tempête, le lendemain on jeta la cargaison à la mer,

19et le troisième jour nous y lançâmes de nos propres mains les agrès du navire.

20Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours, et la tempête était si forte que nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver.

21On n’avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, se tenant au milieu d’eux, leur dit : Ô hommes, il fallait m’écouter et ne pas partir de Crète, afin d’éviter ce péril et ce dommage.

22Maintenant je vous exhorte à prendre courage ; car aucun de vous ne périra , et il n’y aura de perte que celle du navire.

23Un ange du Dieu à qui j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit,

24et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi.

25C’est pourquoi, ô hommes, rassurez-vous, car j’ai cette confiance en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit.

26Mais nous devons échouer sur une île.

27La quatorzième nuit , tandis que nous étions ballottés sur l’Adriatique, les matelots, vers le milieu de la nuit, soupçonnèrent qu’on approchait de quelque terre.

28Ayant jeté la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, ils la jetèrent de nouveau, et trouvèrent quinze brasses.

29Dans la crainte de heurter contre des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience.

30Mais, comme les matelots cherchaient à s’échapper du navire, et mettaient la chaloupe à la mer sous prétexte de jeter les ancres de la proue,

31Paul dit au centenier et aux soldats : Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés.

32Alors les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe, et la laissèrent tomber.

33Avant que le jour parût, Paul exhorta tout le monde à prendre de la nourriture, disant : C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous êtes dans l’attente et que vous persistez à vous abstenir de manger.

34Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut, et il ne se perdra pas un cheveu de la tête d’aucun de vous.

35Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger.

36Et tous, reprenant courage, mangèrent aussi.

37Nous étions, dans le navire, deux cent soixante-seize personnes en tout.

38Quand ils eurent mangé suffisamment, ils allégèrent le navire en jetant le blé à la mer.

39Lorsque le jour fut venu, ils ne reconnurent point la terre ; mais, ayant aperçu un golfe avec une plage, ils résolurent d’y pousser le navire, s’ils le pouvaient.

40Ils délièrent les ancres pour les laisser aller dans la mer, et ils relâchèrent en même temps les attaches des gouvernails ; puis ils mirent au vent la voile d’artimon, et se dirigèrent vers le rivage.

41Mais ils rencontrèrent une langue de terre, où ils firent échouer le navire ; et la proue, s’étant engagée, resta immobile, tandis que la poupe se brisait par la violence des vagues.

42Les soldats furent d’avis de tuer les prisonniers, de peur que quelqu’un d’eux ne s’échappât à la nage.

43Mais le centenier, qui voulait sauver Paul, les empêcha d’exécuter ce dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers dans l’eau pour gagner la terre,

44et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des débris du navire. Et ainsi tous parvinrent à terre sains et saufs.

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